Lettres Portugaises

by louis-milhau
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Vais-je perdre du temps à donner le contexte de l’œuvre ? Je devrais dire qu’on ne sait toujours pas avec certitude à qui l’attribuer. Ni même à quel registre attribuer les lettres ; Biographie ? Autobiographie ? Correspondance ? Ces cinq lettres d’amour…Ont-elles été vécues ? Ou n’est-ce que fiction ? Il faudrait exposer, raconter, expliquer…

Peu nous importe cher lecteur !

Car ce chagrin d’amour a cinq siècles déjà. Ce qui est vraiment fou, c’est qu’il est décalqué sur ton chagrin à toi. L’amour ne vieillit pas. As-tu pleuré, petite portugaise ? As-tu pleuré, vraiment, en écrivant ces lettres ? Je veux croire à ton chagrin. Cela m’éviterai d’avoir à douter de la véracité du mien. Car j’ai eu mon lot de larmes à verser. Il aura bien fallu… pour être un peu aimé.

Bon, allez, un peu de décorum !

De 1663 à 1668, le Marquis de Chamilly se rend au Portugal ; pour combattre du côté des portugais dans leur lutte pour l’indépendance contre l’Espagne. Durant son séjour, une passion naîtra entre lui et Mariana Alcoforado, une religieuse franciscaine du couvent de Beja. En parfait gentlemen, le marquis retourne en France à la fin du conflit, laissant Mariana en son couvent avec ses vœux rompus, et son amour déçu.  Les cinq lettres, intenses et lyriques, montrent les stades successifs de foi, de doute, de folie et de désespoir par lesquels est passée la pauvre petite. Toutes resteront sans réponses…

Mariana et le Marquis ont-ils vraiment vécu ? Sont-ce de vraies lettres ? Les spécialistes ont-ils raison d’attribuer ces lettres au Compte Gabriel de Guilleragues ? Un journaliste-écrivain qui prétend n’avoir fait que traduire et publier…

Je vous dis qu’on s’en fout !

Laissez les scribaillons résoudre ces questions au sein des facultés. Je vous parle d’amour bon sang ! De LOVE !

Celui-là même qui vous a fait souffrir durant votre jeunesse. À jamais hors d’atteinte…

Et que vous retrouvez tel quel, sur le papier ; vécu par une nonne il y a cinq cents ans. Loin. Au Portugal. Vous qui ne vibrez plus depuis longtemps déjà. Et qui parfois grattez vos vieilles plaies d’amour pour ne pas oublier. Pleurez ! Pleurez ! Misérables ! Sur le sors de la petite, ou sur le vôtre.

Pleurez ! C’est du lyrisme.

Louis Milhau

Auteur/autrice

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