Dans le parfait sillage de l’héritage paternel, Sandro Compagnon s’est promis de faire briller au mieux le saxophone soprano. Subtil équilibre entre la clarinette et le hautbois, tant sur la forme qu’au niveau du son, ce jeune trentenaire à la carrière déjà bien remplie suit son propre chemin. Identifiable dès les premiers instants par une esthétique épurée et singulière, il incarne la plus élégante des jonctions entre le monde du jazz et celui du classique. Ce niçois natif a néanmoins passé le plus clair de son enfance à Chamonix dont l’atmosphère générale a su imprégner son œuvre : un goût certain pour l’altitude, aussi bien par le choix de ses mélodies que des lieux de tournage de ses vidéos, comme Luft, l’excellente reprise de la première partita en si mineur de Jean-Sébastien Bach.
Malgré une timidité presque maladive et une voix murmureuse, il parvient à nous transmettre son élan vital grâce à la musique et sait le transmettre aussi bien à ses partenaires musicaux qu’au public. Croulant sous les demandes à travers le monde, du Japon aux îles Caraïbes en passant par l’Italie, Sandro impose en pointillé la french touch et son propre style, moins martial et charismatique que son compère Nikita Zimin, mais tout aussi talentueux.
C’est sous l ‘égide du célèbre compositeur Bruno Mantovani qu’il réalise son premier album solo, appel d’air, très expérimental, qui tente de repousser les limites du son et de la création artistique.
Nonobstant une certaine habileté pour l’hypsométrie, Sandro Compagnon n’en demeure pas moins pragmatique et dans la transmission : vous pourrez le retrouver à Gap cet été, à L’université Européenne du Saxophone, en tant qu’enseignant et à l’occasion de concerts avec des musiciens du monde entier. Une façon élégante d’avoir les pieds sur terre tout en ayant la tête dans les étoiles.

