Kazy Lambist, la douceur comme ligne de fuite

by Mehdi Kenly
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Une naissance au cœur de l’Hérault, le soleil de l’intranquillité comme fatum, et une légère tape de l’ange lailah sur le philtrum pour tout oublier et tout réapprendre. Arthur Dubreucq alias Kazy Lambist semble être né sous de bons auspices. Artiste dans l’âme, il s’essaye très tôt au piano et à la guitare, et cherche ce qui le suivra tout au long de sa carrière : la rencontre. Amouë, Glasses ou Bolivard seront parmi ses binômes les plus efficaces et les plus alchimiques. C’est son titre Doing Yoga qui commence à faire circuler son nom et lui donner l’envie de sortir son premier EP : The Coast qui pose les premières pierres d’une pop électro, douce et chillwave. C’est son tout premier passeport, celui qui lui offrira les ailes du voyage, des tournées et qui justifiera son choix radical du tout-anglais, aussi bien sur le plan musical que de la communication. La french touch montpelliéraine est faite pour s’exporter. C’est à son retour de Turquie qu’il se consacre à ce qui va définitivement l’inscrire dans le paysage musical : son tout premier album. 33000 FT, unité de mesure de l’altitude pour un avion de ligne. Message on ne peut plus clair : Kazy Lambist veut faire planer son public à plus de dix mille mètres de hauteur, grâce à une pop aérienne et surannée, comme sa pochette en témoigne.

Mais comme une rupture silencieuse, la pandémie de 2020 a eu un impact sur sa création : sans pour autant se renier ni freiner son évolution, ses morceaux deviennent plus introspectifs, moins centrés sur l’évasion immédiate. Ils ne se contentent plus d’accompagner nos moments estivaux, ils nous invitent à s’y attarder plus en profondeur.

Aujourd’hui, l’artiste occupe une position singulière dans le paysage musical français. Ni figure de proue mainstream, ni secret bien gardé, il évolue dans un entre-deux qui lui ressemble. Sa carrière, construite sans précipitation, dessine un parcours cohérent, où chaque étape semble répondre à une nécessité plus qu’à une opportunité.

Au fond, Kazy Lambist n’a jamais vraiment cherché à suivre une tendance. Il a plutôt façonné la sienne – une musique de l’entre-deux, du mouvement lent, de la sensation diffuse ; et c’est pour cette raison que nous l’apprécions.

Vous pourrez le retrouver sur ses terres à partir du trois juillet 2026 au Club Peyrou avec ses compères et constater à quel point, malgré les turbulences, le cessna britannique garde le cap.

Mehdi Kenly

Auteur/autrice

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