C‘est sur les terres de Michel-Ange que Jacopo Cardillo vit le jour, Jago de son nom d’artiste. Une sensibilité artistique précoce qui le conduisit naturellement à intégrer les Beaux-Arts de sa ville natale, Frosinone.
Éduqué très tôt par sa mère à la beauté de l’architecture de Rome, on put constater dès ses premières expositions un raffinement singulier.
Il y a chez Jago le souhait de s’inscrire dans une tradition sculpturale italienne exigeante, tout en ayant un pied dans le monde moderne.
Une volonté d’excellence même, et d’esthétique, comme pour conjurer le sort de la médiocrité de l’époque, de son vide quasi-imposé. Esthétique que l’artiste entretient dans sa communication également. La qualité de ses vidéos sur les réseaux sociaux rentrent en résonance avec la qualité de son travail et permet de tisser un lien privilégié avec un public tantôt néophyte, tantôt spécialisé. Une envie farouche d’être résolument moderne sans jamais renier l’héritage colossal de la sculpture italienne, et de provoquer l’étonnement, notamment avec son Habemus Hominem qui représente le pape Benoît 16 en fin de vie, dépourvu de tout – y compris de sa tenue pontificale – au regard noir-espace très perturbant.
Mais également, sans doute sous le poids totalitaire de la gauche culturelle moderne, son David « au féminin ». Dans la tragique et déplaisante pente que prend notre société, la volonté est de tout féminiser, surtout les hommes – y compris dans leur représentation historique. Sans nier la beauté de l’œuvre, ni le défi remporté d’avoir créé une statue dépassant les quatre mètres, des figures féminines sculptées pour la postérité ont parfaitement réussi leur pari comme la Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace ou le légendaire buste de Néfertiti.
Toutefois, Jago possède une vision globale de son art et affiche déjà plusieurs heures de vol à son actif. C’est par les mains qu’il rentra dans son art.
Les siennes, mais aussi celles qu’il veut illustrer à travers son travail. La main de l’homme qui veut laisser sa trace de mortel dans l’histoire du monde à travers son Emprunte Animale ou celle qui brandit son Goût de la Liberté à la manière de la statue new-yorkaise, mais sans corps cette fois-ci.
Certes, l’art a souvent vocation à nous faire rêver, nous proposer un monde onirique. Mais son travail sur la matière est tel qu’il nous ramène à ce que nous sommes, de la matière humaine. Être à se point confronté à Lookdown et à Vénère, nous rappelle qui nous étions et qui nous allons devenir. C’est comme si notre fragilité humaine était figée là, devant nous ; mais pour les quidam cette fois-ci, éternisé dans la pierre qui était jadis réservée aux grands hommes.
Vous pouvez retrouver le travail de Jago à la Villa Lysis, à travers un parcours immersif sur la très intimiste île de Capri, y réserver vos billets, et constater à quel point – malgré les années – il poursuit sa quête sempiternelle de la Grande Belleza.

